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Le Tour d'y voir

Un outil unique pour les groupes communautaires

Le Tour d’y Voir est un bulletin créé afin de permettre à tous les groupes communautaires du Québec de recevoir quotidiennement de l’information sur la conjoncture politique, économique et sociale du développement communautaire actuel. Les groupes sont ainsi rapidement informés et peuvent s’adapter à leur environnement en constante évolution. Paru pour la première fois en avril 1997, le Tour d’y Voir est diffusé par télécopieur, par courriel et sur le site Internet dans une section destinée aux abonnés. Il est produit du lundi au vendredi et comprend quatre pages. Le TDV s’autofinance en partie avec les abonnements et, comme plusieurs organismes communautaires, il ne bénéficie pas d’un financement récurrent. Le personnel doit donc investir beaucoup de temps dans la recherche de financement plutôt que dans le développement.

Le bulletin est bien connu dans le milieu et il favorise les échanges entre les groupes et les personnes oeuvrant dans le communautaire. En effet, il arrive parfois qu’on appelle au TDV pour avoir les coordonnées d’un organisme après la parution d’un article sur celui-ci. De plus, des chercheurs d’emplois s’abonnent à titre personnel pour se retrouver du travail dans le milieu communautaire.

Le Tour d’y Voir a bouleversé les croyances de nombreuses personnes à ses débuts. Plusieurs doutaient qu’un groupe communautaire puisse produire un bulletin quotidien provincial, surtout à partir de Trois-Rivières plutôt qu’à partir d’un grand centre comme Montréal ou Québec. Le TDV a prouvé que cela était possible et fêtait cette année son cinquième anniversaire.

Un média né des technologies de l’information et de la communication (TIC)

Les TIC ont véritablement permis au Tour d’y Voir de voir le jour. Pour qu’un groupe communautaire puisse diffuser un bulletin quotidiennement dans toutes les régions du Québec, il fallait trouver un moyen rapide et peu coûteux de diffusion. Le télécopieur et l’Internet ont permis de réaliser un tel exploit. Cependant, Internet l’emporte sur le télécopieur en ce qui a trait au coût et à l’efficacité. Par exemple, avec le courriel, les groupes reçoivent tous le bulletin en moins de cinq minutes, alors qu’il faut toute la nuit au télécopieur pour envoyer le bulletin aux numéros programmés. Aussi, le bulletin arrive plus souvent à bon port par courriel. Par exemple, des clients doivent rappeler pour qu’on leur renvoie le bulletin parce qu’il manquait de papier dans leur télécopieur. Au TDV, on espère donc un jour utiliser seulement Internet pour la diffusion. D’ailleurs, la majorité des abonnés (environ 60 %) reçoivent le bulletin par courriel, une proportion qui augmente constamment. Mais il reste encore de nombreux groupes qui ne sont pas branchés à Internet et plusieurs personnes manquent de connaissances et ne se sentent pas à l’aise avec cette technologie.

En plus de moyen de diffusion, Internet sert d’outil pour la recherche d’information nécessaire à la rédaction du contenu. La rédactrice en chef, Sonia Lavergne, trouve une partie de son information sur les sites Internet des groupes qui possèdent une section Actualités. Beaucoup d’organismes lui envoient également de l’information par courrier électronique. Elle est aussi abonnée à plusieurs listes de diffusion et reçoit en moyenne une cinquantaine de messages par jour, provenant pour la plupart de groupes communautaires. Par contre, elle doit consacrer un certain temps à la gestion de ce nombre élevé de messages.

Les activités du Tour d’y Voir avec les TIC ne s’arrêtent pas là. Pour son cinquième anniversaire, le TDV projette de mettre en vente un cédérom comprenant tous les bulletins archivés et un moteur de recherche. Ce cédérom aurait pour avantages de nécessiter peu d’espace de rangement et de faire gagner du temps aux groupes qui recherchent un article en particulier. Le TDV projette aussi de lancer sur son site un forum axé sur l’actualité, ce qui permettrait à l’équipe de voir les différents points de vue et de trouver des pistes intéressantes pour des entrevues. Enfin, l’organisme rend accessible Internet à la population dans le cadre du projet Inforoute - Points d’accès - Initiation de la population, piloté par Communautique.

L’équipe du TDV ne pourrait plus se passer des TIC aujourd’hui. L’apprentissage et l’appropriation des TIC ont tout de même comporté des difficultés. L’équipe a connu, entre autres, certains problèmes d’incompatibilité de fichiers avec les MacIntosh avant de découvrir que le format PDF représentait la solution. De plus, un virus nommé Nimda, inconnu alors de l’antivirus, a paralysé les activités du TDV pendant trois jours. Depuis ce temps, on conserve une copie du carnet d’adresses sur cédérom et on garde une copie de secours du TDV ailleurs que sur le réseau.

La couverture d’événements à l’étranger

Plusieurs événements internationaux comme la Marche mondiale des femmes à New York et le Forum social mondial à Porto Alegre au Brésil concernent directement de nombreux groupes, mais la plupart d’entre eux n’ont pas les moyens de se déplacer. De cette constatation est venue l’idée au TDV qu’il fallait couvrir ces événements et diffuser de l’information quotidiennement aux groupes, d’autant plus que les médias traditionnels couvrent peu ces événements. (Par exemple, à Porto Alegre, la majorité des médias présents étaient des médias alternatifs. Les gros préféraient couvrir le Forum économique mondial à New York.) Les organismes apprécient ce travail de couverture d’événements à l’étranger. Le Tour d’y Voir a d’ailleurs reçu des commentaires positifs à ce sujet. Il a aussi été sollicité pour venir parler de mondialisation devant un groupe en alphabétisation.

Concrètement, lors d’événements à l’étranger, l’équipe sur place se procure une connexion Internet dans une salle d’hôtel et envoie ses articles au Québec par courriel. Les prix pour ce service varient d’un pays à l’autre et surprennent parfois. « Internet est beaucoup moins accessible au Brésil et en Argentine, raconte Sonia Lavergne. Il fallait débourser entre 50 et 100 dollars américains par jour à l’hôtel pour utiliser Internet. »

Au Forum social mondial à Porto Alegre, le Tour d’y Voir a travaillé en équipe pour la première fois dans la couverture d’événements à l’étranger. Le TDV faisait partie d’un groupe de médias alternatifs, dont, entre autres, les Pénélopes, le Canal Orange (une web-télé) et le Recto Verso, qui se divisaient les ateliers à couvrir. Chaque média mettait ensuite ses textes à la disposition des autres médias du groupe. Pour Sonia Lavergne, ce travail d’équipe constitue une expérience positive à répéter si l’occasion se présente de nouveau.

Site Internet

Le Tour d’y Voir : www.tdv.qc.ca



Ce récit est la version intégrale du témoignage recueilli par Communautique et publié en version imprimée en juin 2002.

Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 2002
ISBN 2-9807167-2-3
© Communautique, juin 2002


Le Tour d'y voir - 16 novembre 2004

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